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La consommation d’alcool et de drogues
La consommation de substances psychoactives occupe une place importante dans nos sociétés. Au Québec, 80 % de la population âgée de 15 ans et plus prend au moins un verre d’alcool (de divers types) au cours d’une année. Pour la plupart des gens (60 % des 15 ans et plus), cette pratique est toutefois récréative et ne présente que très peu de risques pour la santé.
Un certain pourcentage de cette population (environ 12 %) consomme par ailleurs de l’alcool à un niveau qui dépasse régulièrement les normes de consommation sans risque. Un plus petit nombre d’individus (4 %) rapportent avoir des troubles concrets liés à leur prise d’alcool (santé physique, financiers, relationnels, etc.). Ces problèmes sont cependant jugés non répétitifs et ne causent généralement pas un degré de souffrance trop grand quoique tout de même dérangeant. Il en va autrement de la dernière frange de la population (4 %), pour qui l’alcool cause plusieurs problèmes récurrents et entraîne une souffrance significative, tant à titre individuel que pour leur entourage. On parle alors d’un diagnostic d’abus ou de dépendance envers l’alcool.
En matière de drogues, la prévalence du diagnostic de dépendance est de moins de 1 % (0,8 %) pour l’ensemble de la population québécoise âgée de 15 ans et plus. Plus ou moins un quart des jeunes adultes (15-24 ans) ont utilisé du cannabis au cours de la dernière année, sans toutefois recourir à d’autres substances. Environ 12 à 15 % des jeunes adultes du même âge ont consommé d’autres drogues (avec ou sans utilisation du cannabis). Au total, 44,4% des hommes et 34,9% des femmes âgés de 15 à 24 ans ont utilisé au moins une drogue illicite au cours de la dernière année. Précisons en outre qu’environ 5 % des consommateurs de cannabis en sont dépendants et qu’un tiers des consommateurs quasi quotidiens de cannabis vont développer une dépendance au produit.
Dans la population jeune, la consommation de cannabis est de loin la substance illicite privilégiée. Près de 41 % des jeunes y ont eu recours au moins une fois au cours des douze derniers mois (secondaire I = 15,3 % versus secondaire V=60,6 %). Par ailleurs, une proportion significative de jeunes du secondaire sont des consommateurs quotidiens de cannabis. Le phénomène est plus accentué chez les garçons (6,6 %) que chez les filles (3,0 %). La seconde classe de substances prisées par les jeunes sont les hallucinogènes, utilisés par environ un jeune sur sept au secondaire. Viennent ensuite les amphétamines (7,0 %), la cocaïne (5,2 %), les substances volatiles (2,9 %), l’héroïne (1,2 %) et d’autres drogues ou médicaments sans ordonnance (2,3 %). Il semble qu’environ 4,8 % des filles et 6,8 % des garçons aient une consommation problématique nécessitant une intervention spécialisée. Environ 14 % des garçons et 11 % des filles ont une consommation à risque pour laquelle une intervention de prévention secondaire serait indiquée.
Le jeu pathologique
Le jeu fait de plus en plus d’adeptes au Québec. En 2002, 80,7 % des adultes ont eu recours aux jeux de hasard et d’argent. De ce nombre, 2,1% (ou 1,7 % de la population totale) ont une situation de jeu que l’on qualifie de problématique (1,1 % à risque et 1,0 % pathologique).
Le jeu pathologique entraîne de nombreuses conséquences négatives chez l’individu et son entourage. Chez les joueurs pathologiques qui entrent en traitement, la dépense moyenne annuelle pour les jeux de hasard et d’argent est d’environ 15 000 $. Un joueur sur trois va plus loin et dépense entre 75 000 $ à 150 000 $ par année. Tout comme la toxicomanie, il semble que ce problème soit principalement masculin. En 1996, on estimait qu’environ 25 % des joueurs pathologiques étaient des femmes. Parmi les types de jeux de hasard et d’argent, les loteries vidéo, de par leurs caractéristiques (illusion de contrôle, immédiateté de la réponse, etc.) suscitent rapidement un haut degré de dépendance chez les usagers. Leur grande disponibilité est très préoccupante.
Le phénomène touche aussi les jeunes. En 1994, 2,4 % des adolescents de la grande région métropolitaine de Québec présentaient des habitudes de jeu dites problématiques ou pathologiques. Une hausse par rapport à 1988, alors que la prévalence de la problématique était à 1,7 %.
L’impact sur l’entourage
Il est difficile de dresser le portrait de la toxicomanie et du jeu pathologique sans parler de l’impact que ces problématiques peuvent avoir pour l’entourage. À titre d’exemple, 39,6 % des Québécois affirment subir les conséquences négatives découlant de la consommation excessive d’alcool de l’un de leurs proches. Aucune donnée épidémiologique n’a été recensée concernant l’effet de la consommation de drogues ou de la présence de jeu pathologique sur les membres de l’entourage.
Il est toutefois aisé d’envisager les effets néfastes de ces problématiques (dépendance envers les drogues, jeu pathologique) sur le bien-être des proches.
Tiré de l’Offre de services des CRPAT, Fédération québécoise des centres de réadaptation pour personnes alcooliques et autres toxicomanes, 2004.